entreprise Promotion interne: diriger ses anciens collègues de travail

Nicolas

Administrateur
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Hello tout le monde,

Cela m'est arrivé lorsque je travaillais comme chauffeur livreur chez FedEx.
J'ai passé 3 mois comme chauffeur et rapidement j'ai eu une petite promotion pour m'occuper en partie des opérations du soir à la station de tri. Chez FedEx on appelle ça un advanced courier (chauffeur avancé). Rien de particulier à ce moment là, j'étais comme tout mes collègues chauffeur.

Au bout d'un an et demi j'ai eu l'occasion de passer un entretien interne pour être Team Leader, là c'est un bond en avant majeur sachant que vous passez d'employé à cadre. J'ai réussi le parcours et ai été nommé Team Leader dans l'agence dans laquelle j'avais commencé chauffeur.
Au début les collègues m'ont félicité mais très vite ils m'ont reproché d'être "passé de l'autre côté", d'avoir oublié mes débuts avec eux, etc...

En fait, et tout simplement, mes fonctions et mes responsabilités ont clairement changés et ma tache principale était de faire fonctionner l'agence dans les règles et donc de manager les 30 chauffeurs pour que tout se passe bien. Alors évidemment mon approche du travail a changé, j'ai du faire "la police", chercher les failles, traquer les tire-au-flanc, les tricheurs, etc... (Pas facile d'ailleurs le métier de manager).

J'ai pourtant essayé d'être aussi avenant, disponible, pédagogue que possible mais les chauffeurs n'ont jamais compris et m'ont finalement mis dans la case "patron" avec tout ce que ça représente. Je dois préciser que certains d'entre eux ont eu l'intelligence de comprendre la situation et avec eux je me suis toujours bien entendu. Mais avec la majorité ça a été assez difficile à gérer.

Avez-vous déjà vécu une situation semblable ?
Comment l'avez vous géré ?
 

Enricoo

Membre
C'est arrivé à mon frère dans sa boite de production de logiciel de comptabilité (super sexy !).
Ils étaient un groupe de 5 développeurs dans leur service et s'occupaient essentiellement de l'implémentation de nouvelles fonctions dans le logiciel et la résolutions des bugs.

C'est un assez gros groupe avec des filiales en Europe.
Quand le DG France a eu une promotion pour être DG EMEA il a été remplacé par un gars assez sympa et avec des méthodes de management plus moderne. Il a donc décidé de nommer un développeur sénior pour gérer le service de mon frère. Finalement c'est lui qui a été choisi parmi 3 qui s'étaient présentés pour le poste.

Et bien ça a été catastrophique, ils lui ont tirés dans les pattes à longueur d'année, lui cachant des infos, faisant volontairement des erreurs de code pour empêcher de tenir les délais, etc... Un enfer. Finalement il n'a pas craqué et a changé son fusil d'épaule et ne les a pas raté au moindre problème et 3 ou 4 ans après il était le seul qui avait survécu de l'équipe du début. Maintenant tout se passe bien avec les nouveaux dev qu'il a participé à embaucher avec le DRH et le DG.

Souvent dans les grands groupes une promotion = une mutation pour justement éviter ce type de galère.
 

Mathias

Membre
On dirait que ça dépend du milieu social ou du niveau de promotion, c'est un peu difficile à déterminer comme ressentiment.
Ma mère, qui est à la retraite maintenant, a eu une promotion en passant de caissière (dans un supermarché) à responsable de la fermeture caisse le soir, elle était toujours caissière mais le soir elle avait un horaire aménagée pour superviser la fermeture des caisses et gérer le Z (pour ceux qui connaissent). Et bien toutes les caissières lui ont préparé une petite surprise à la cafétaria pour célébrer cette bonne nouvelle.

Il faut dire que ma mère avait 19 ans d'ancienneté et ses collègues à peu près la même chose donc il y avait une vraie solidarité entre elles et elles se connaissaient par cœur.
 

Grand Pa

Membre
Et bien ça réchauffe un peu le cœur de lire ça.
À propose de supermarché ça m'a fait penser au film avec Vincent Lindon, La loi du marché que j'ai trouvé empreint d'une vérité très émouvante.

 

Richard

Membre
Ce film est un chef d'oeuvre. Un monument du cinéma français.
Je l'ai vu plusieurs fois, Vincent Lindon est juste exceptionnel en quinquagénaire qui tente de ne pas tout perdre suite à un licenciement.
Désolé pour le hors sujet.
 
C'est compliqué de gérer cette situation.
Même du point de vue des collègues qui peuvent ressentir comme une trahison de passer du côté du patron, de l'équipe de direction ou de management. Vous faites "les 400 coups" avec vos copains ouvriers et le lendemain vous leur taper sur les doigts !?
 

Jérôme

Membre
Ben à la base on est pas censé faire les 400 coups dans l'entreprise où l'on travaille... :unsure:
Ensuite si les gens peuvent pas comprendre l'envie de progresser, d'évoluer de leurs collègues c'est peut être que eux-mêmes n'en sont pas capables et développe une sorte de jalousie qu'ils expriment en foutant des bâtons dans les roues de leurs anciens camarades.
 
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